


Dans l’archipel nipon, l’encre est un art ancestral qui se pratique depuis plusieurs siècles. Des Aïnous aux yakuza, de l’irezumi au tatouage décoratif contemporain, le pays a toujours baigné dans le tatouage.
Mais malheureusement, il n’est pas rare de lire des articles dans la presse où sont relatés les déboires, et le rejet dont sont victimes les tatoueurs japonais rattachés bien malgré eux à la mafia japonaise et les yakuza.
Mais bon, le style japonais, la beauté des dessins et ce savoir-faire façonné par l’expérience acquise au fil des siècles sont appréciés par de nombreux tatoueurs du monde entier.
Nous allons découvrir différentes significations et symboliques à propos du tatouage japonais, ainsi que les différents emplacements du corps pour se faire tatouer.
Le monde végétal est présent dans le tatouage japonais. Il est difficile de ne pas parler de l’incontournable cerisier qui chaque année se pare de belles fleurs — c’est aussi une manière de rappeler la brièveté et la fragilité de la vie. La fleur de lotus renvoie à l’accomplissement spirituel.
Le chrysanthème évoque quant à lui l’éternité et la joie. La fleur de pivoine est aussi par exemple synonyme de fortune.
On retrouve aussi dans l’univers du tatouage japonais de nombreux animaux mytholigiques comme le dragon ou bien encore le phénix. Il serait aussi possible de parler du tigre remarqué pour sa force, de la carpe koï saluée pour sa bravoure quand elle remonte à contre courant les cours d’eau.
L’irezumi se remarque de par ses dimensions très larges ! Ses adeptes portent une pièce courant du cou jusqu’au postérieur, quand elle n’épouse pas la forme du torse tout entier. Cette forme ancestrale de tatouage est codifiée par des symboles précis – comme ceux énoncés ci-dessus. Si sa valeur esthétique est largement reconnue en Occident, l’irezumi peine pourtant à sortir des carcans de la marginalité au Japon parce qu’il est trop souvent associé aux yakuza. Et surtout, si vous voulez vous faire un irezumi : vous entrez dans un processus créatif qui peut durer plusieurs années et demander de l’argent. Notez également qu’un irezumi piqué traditionnellement se doit d’être exécuté avec la méthode du tebori – technique d’encrage traditionnelle au Japon.
Parmi les spécialistes japonais qui pratiquent l’irezumi, il serait possible de vous parler d’Horiyoshi III, et on pourrait aussi ajouter Honda Tsuyoshi qui a d’ailleurs participé au festival Cantal Ink 2016, puis à la convention de Saint-Malo l’année dernière. Il avait alerté à l’époque sur les difficultés rencontrées par sa profession au Japon. Il y a aussi Kenji Shigehara dont on pourrait parler !
En France, ils sont plusieurs à avoir succombé aux charmes du style japonais ! On pourrait tour à tour citer : Guicho Tatouages (La Rochelle), Bernard Soufflet (Paris), Alix Gé (Sète), Daru Manu (Paris), Henrik (Toulouse), Romain de chez Triptik (Nantes), Tin-Tin (Paris), Mathias Bugo (Lyon) ou bien encore Easy Sacha (Paris). Liste non exhaustive, n’hésitez pas à nous contacter pour nous aider à l’étoffer.
Proche de la France, en Suisse, il faut absolument signaler le cas de Filip Leu (Suisse) dont l’implication a permis de populariser le tatouage japonais. Mais on pourrait aussi citer des tatoueurs tels que Chris Crooks (Irlande), Jess Yen (USA), Jeff Gogue (USA), Henning Jorgensen (Danemark), Haewall (Corée du Sud), Dan Arietti (UK), Calle Corson (Suède), et Damien Rodriguez (USA).
Majestueux et imposant, un irezumi peut embrasser la totalité du corps. Piquer un irezumi, dans les règles de l’art, est un véritable engagement personnel demandant du temps, de l’argent, voire quelques années.
L’emplacement idéal pour un tel tatouage est le dos pour que la parure corporelle déploie ses plus beaux atours. Les jambes, le torse et les bras sont aussi des parties du corps qui peuvent être envisagées pour ce style de tatouage !